Les poèmes d'André Fernandez,
alias André Rotella










Banlieues de la capitale

Au bord des places plantées d’arbres chétifs,
La marée des chalands verse sa lamentation
De la mélancolie collante des existences en péroraison,
Pelotonnées dans l’intimité des banlieues de Paris sur rif.

Dans la cité fatiguée par des nues sombres comme la nuit,
Des mendiants regrettant leur aspiration effacée
Agacent grossièrement des charmeuses aux lèvres enluminées,
Qui lancent en retour un regard de mépris.

Quand le crépuscule s’abat sur l’assourdissant dédale
Protégeant ainsi une file de flâneurs sur l’expectative

La rue n’est qu’une allégresse fictive
Le moindre incident peut être fatal.

Le lever du soleil blême gomme les marques
Des songes cachés dans les vertueuses consciences
Dans la cité point de Monarque
Le somme absorbe les efficiences.

© André Rotella





Bel Archange US !


C’est quoi pour toi la félicité ?

La planète se convertit en liberté

Car pour toi le bonheur 

C’est de n’avoir plus de cœur !

Il fait très chaud la nuit,

Il fait une chaleur torride le jour

C’est pour tes soldats l’ennui

Sans ton concours !

Bel Archange US étend tes élytres

Sur la souffrance de tous les pitres

Archange de la félicité au goût de fiel,

C’est ta partialité qui est loin d’être du miel

Je n’entends plus le bruit de ton cœur,

J’entends le fracas des malheurs

Ö cœur en Or fais-moi aspirer,

Et que j'efface par tes pensées

Tout mes doutes bel Archange

Merci à toi Bel Ange ! 

Pour le futur plus raisonné et plein justice 

Pour un avenir planétaire sans supplice.

© André Rotella 5 juillet 2003



Ce qui m’a choqué

Ce soir la marseillaise retentissait à Lens

J’ai vu la misère d’hier clonée d’insolence

Le n° 10 14 et 1 sont l’horreur

Est-ce vraiment des gens reconnaissants

Le fric et l’insolence sont leurs traits courants

L’un mâche du chiwgum à l’heure

Un pied de nez à la France

Une ingratitude toute en nuance

Le grand Monsieur qui se dit Zidarov man

Regardait le ciel avec un bonnet d’Ane

Monsieur le Marquis moi l’étranger

Je vous dis j’ai compris,ils ont engrangé

Barthez se moque de son pays

L’insolent parle quand sonne l’hymne ici

Est -ce ceci le socialisme de Jaurès

Si la réponse et oui le sot l’y laisse

Car c’est une insulte intellectuelle

Plus encore une morsure mortelle

La bourgeoisie du bas fait un pied de nez

Oui mais pas aux riches

A celle où la pauvreté se niche

A la misère d’où elle est arrivée

L’art et le sport sont devenus une insulte

Hier il valait mieux être inculte

Lénine avait raison de fustiger les doués

De l’exploitation de l’art parfaitement ciblé

Lors de son passage rue Brune à Paris

Il a dit l’art et le sport reste la porte ouverte à l’oubli

Le pauvre peut prouver que tous ont un esprit

Or il ne faut pas que l’un supplante l’autre

Le sport et l’art ne seront que ce que a dit Le notre

Point d’exploitation ni de corruption

Par l’argent horse de sa vraie fonction.

De l’idée première l’art est du pain béni

Le talent n’aime pas l’argent maudit.

La France a besoin d’une autre République

Point d’une sixième hystérique

Mais d’une couleur nouvelle 

Qui donne une valeur réelle en fonction de la peine

Une œuvre picturale n’est que le fait marginal

la République doit garder son sens national

Point d’une passion oud’un art qui sème la haine

La vraie République connaît ce qui est normal

La justice est née de ses luttes

Eloignons le principe sur lequel elle butte.

© André Rotella 31 mai 2006AA





Comparaison érotique

Pour ces boutons qui efflorent
Mes repères de mouillage
La plissure des commissures vers l'illimité
Ces fentes qui étonnent
Passepoil des songes vers le souvenir délicat
Comme ces fleurs cubitales
Serments que l'aube asperge
Et ces sourires laiteux au potron-minet d’orient.
De ces crinières qui me glorifient.
Le bonheur des crèmes fraîches
L'attirance des typhas insolents pour le bleu
Les broderies de la voûte du sud
Ces doigts téméraires sur l’organsin
La sapidité du teddy-bear béate
Et les étuis doux du renouveau
De ces vents qui mêlent aux frondaisons
Les roses réjouies
De cet air qui délivrent leurs corolles
Ces notes de la baguette tremblante
Et la paix qui nous fini.

© André Rotella




Croyance instable

Dans la chapelle comble de croyants figés,
Les yeux rivés sur un couplet.
Le prêtre, qu’une peine tourmente,
S’entête à fêter le Christ, alors qu’il subodore
En la vie éternelle abandonner sa foi à l’aurore.
Cependant, qu'il appelle un groupe d’entente
À fredonner un chant avec l'enfant de chœur
Pour célébrer la divine gloire du seigneur,
Un faisceau de fulguration embrase le visage
Du Christ qui se débat dans un cri de rage.

© André Rotella.





Dans l'accès d'une fontaine

Sur la porte atrabilaire
Ta figure effraye la route 
Sur le filtre qui passe
L’existence est liée
Au déplacement de tes mains
Tiédeur de l'été
A l'aube
D'un levé du jour allégorique
Aux flanc de l’aiguail
Le timbre d'une cri
Qui te contrefait
Des enchanteresse refont
La route du manoir
Au centre du verger
Tu accrois les passe-partout
Un vieux rouvre t’accueille
Tu me demandes
D'avancer
Douceur dégagée.

© André Rotella.





Déesse amoureuse.


< Dès qu'elle ouvre les yeux, le blafard matin
Encourage le soleil à l’éclat séculaire
À enflammer son corps dont les courbes légendaires
Affichent hardiment leur robe d’organsin.

Dans les joyeux éclats de son rire illuminé
Vénus nue, distante à la durée qui se déroule, 
Ballotte sensuellement, sous mon regard affamé, 
Les anneaux duvetés de sa chevelure sous moule.

Quand sa pose amoureuse, dans le calme, me convie
À dissimuler d’étreintes son abdomen plein d’envie, 
Je dissémine sur sa chair de radiants tremblements.

L’onde de l’envie qui s’abat sur ma divinité
Rehausse son éclat d'une telle qualité
Que je crée un tableau de primitifs frôlements. 
© André Rotella




Elle

Elle n’est plus rouge mais rosée. 

Au lever du jour sur mon lit,

Je m’allonge et je baille 

Devant les glaïeuls et les roses abasourdies,

Nous ne savons plus dire bonjour à l’arum

Les roses rouges me dépêchent leur parfum

Elles veulent esquiver la faille

L’homme va prendre le ciseau à son heure,

Et va élaguer la pousse gourmande

Elle n’a plus sa place ici à cette heure

Trop exigeante est sa demande

Les alliées des roses rouges seront à la cérémonie,

Les belles roses rouges sont unies.

© André Rotella.





Hisse toi !

Regarde vers le lever du soleil
La honte est là – bas au bagne
Alors redresse toi et veille !
Droit sur tes pieds mets ton pagne
L'odeur du crime autorisé 
Parvient jusqu’à ton nez.

C`est de la félicité qui coule dans mes veines
Et de l'espoir que j’avale à en perdre haleine
Un tremblement d’horreur léger me prend le dos
Mes lèvres s'étirent, oui !

C'est bien eux les bourreaux.
Tu plisse les sourcils à la lumière du dit 
C'est pour mieux voir l'horreur du crime commis.

Plus près des côtes de Miami
Le sage se fait ennemi
Alors redresse toi l’homme de foi
Les idées aux vents font loi
L'horreur du bagne sans justice 
Alors soulève – toi sinon tu es complice.

Relève la tête, offre ta poitrine
La puanteur du crime envahit tes narines
Alors rebelle- toi contre l’ignoble yankee
Saisi les rênes de la destinée 
Tes mains sont couvertes de sang 
Alors combat en prenant rang.

C'est le monde à l’envers 
Et ces agissements de vauriens
Montrent les risques que prend demain 
Il nous rappelle le temps noir 
Hier les nazis et les fours crématoires 
Pour tenter de s’approprier l’univers.

Droit le monde paraît plus sûr
Les grands hommes en vérité des cinglés
Alors debout on est plus mur
Devines les desseins des aveuglés
A l'ombre de leurs crimes le dégoût 
Se dresse sous leurs jougs.

© André Rotella.




Honneur ne se marchande pas.


L’Orient se venge, il s’attaque à l’ogresse

L’Amérique a pris la G B en remorque

Elle se voyait déjà avec le titre de déesse

Ce pays, se prend pour le grand orque Honneur ne

Les soldats un par un disparaissent

Ils étaient venus prendre de la graisse

Chaque jour a son triste réveil

Le sable chaud, ce n’est pas la tendresse

Ils fondent comme beurre au soleil

Tous les jours, c’est la même caresse

Ils étaient si gonflés à l’instant du grand soir

En cette pleine lune aux contours fourvoyés

Ils rêvaient de voir couler l’or noir

Mais les détracteurs de la cornemuse

Pourchasse nuit et jour le mal aimé

Comme elle les a trompés leur muse !

Sur un lit d’hôpital, il n’y a plus de torts

Les usa et la GB pleurent leurs morts

Les deux puissances aventurières

Ne s’attendaient pas à tant de fondrières

On saura au prononcé final qui est le menteur

Quand le soleil brûlant jugera le voleur !

Le soleil, la pauvreté sont ses compagnes

Le géant voulait pour lui une montagne

Il pensait boire l’eau fraîche du puits

Pour les autres l’eau croupie si délétère

Le mirage a fuit devant lui

Seule la peur désormais le désaltère

Le GIS entend dans la nuit un cri

Un éclat de grenade vient de faucher la vie

On a convié le monde au sacrilège

Le désordre est permanent dans l’esprit

Alors pour eux, il n’y aura plus de privilège

Nul ne peut s’en relever, c’est fini

Le blessé est parti au mauvais son de cloche

Le préposé sonne et la mère s’approche

C’est votre fils qui est mort

Je sais, vous lui aviez réservé un triste sort

L’épouse vient de perdre tout espoir

La bataille est finie et le piège prend place

Son mari, est le mort du redevoir

Ils sont de milliers qui résistent comme de la glace

Le sol leur appartient, c’est leur bien

La voix si redoutée envahit le désert

Ils tueront le tyran comme un chien

Les armes de destruction massive sont là

L’honneur d’un peuple ne se marchande pas

L’homme embusqué va leur en servir au dessert.

Ce sont les cailloux chauds qui mènent à trépas.

C’est la fierté de m’être qui veut cela.

© André Rotella. 2003




L’ailleurs

© Musique : Nilock/Vospenseesenmusique
© Paroles : André Rotella

Echarpe d’Iris toi la couleur de l’infini

Tu es l’ailleurs après le vide

Te contempler nous réjouis

De toi on est avide

L’ailleurs c’est plus qu’un paradis.

Toi la ziggourat du rien

Tu accueilles même les chiens

J’attends d’aller frapper à la porte des âmes sereines

J’y pense maintenant sans la moindre peine

C’est beau d’aller si loin dans l’ailleurs

Un grand voyage pour seigneur.

Non je sais que tu ne déçois jamais

Puisque tu gardes tes clients pour l’éternité.


J’ai attendu longtemps dans le tunnel.

Avant de pouvoir accéder à l’ailleurs.

Voir cet ailleurs ne coûte rien en sel

Voir cet ailleurs bien meilleur

On n’oublie pas ceux qu’on aime

Qu’importe l’endroit je vais rester le même.

L’homme libre c’est l’ailleurs

Nul n’est pourtant le vainqueur.

Il n’y a au pays du firmament

Que des zombis gagnants.


Je sais que nous allons dans l’ailleurs

Aucun n’est qualifié pour dénier le voyage.

On n’y vit le vrai bonheur

L’ailleurs n’est pas un mirage.


L’eau vive a délavé les soucis

Ils n’existent plus dans l’ailleurs.

Et dans l’ailleurs c’est les années

Qui seront toutes effacées

L’ailleurs est la gomme de l’indéfini

La peau la religion est en communion

C’est l’ailleurs qui fait la fusion.


Plus de fracas plus d’explosions

Dans l’ailleurs c’est le silence.

L’ailleurs n’est pas un gouffre

Ni un abîme d’incandescence

Il n’y a pas de malformations

Ici dans l’ailleurs personne ne souffre.

Tout le monde est beau tout le monde est bien

Dans cet ailleurs tous se ressemblent.

L’argent ne compte plus pour rien

On est égaux c’est un ensemble

Oui dans l’ailleurs ailleurs ailleurs.

Ailleurs ailleurs ailleurs.

© André Rotella





Lycée urbain

Sur le tableau noir du lycée
Sautent des bâtons craies,
Dont l’ardu professeur acerbe
Interprète les signes en verbe.

A l’odeur acide de l’empois,
S’unissent les douces fragrances
D’un éclatant parterre de fleurs denses,
Qu’un insecte égaré entrevoit.

La Mi - journée vêt de bon caractère
La classe où les enfants en unité
Débutent un parcours fou et fier

C’est la pause la plus prisée.

La harde de gosses enjoués
Libère les contingents agraires
Pour les rues de la cité

Ils rêvent tous d’êtres experts.

© André Rotella





L’âme se fait peur.

Sentir au cœur des déserts tristes
Le sanglot d’une âme détruite
Balancée entre l’obscurité et la clarté
Attristé par le songe tourmenté.
Elle voulait briser les limites du silence
Elle s’est abîmée en souffrances
Elle désirait accéder au feu du ciel
Puis s’est grillée les ailes.
Son regard lumineux s’est décoloré
La douleur est âpre

Dans l'amaurose, elle est isolée
La tristesse est son désastre.
Elle s’enterre dans des abîmes diaboliques
Et se claustre dans les limbes des passions idylliques
À la quête du firmament
Défaut funèbre, silence sépulcral
La ride est la marque du mal

Tracée sur son front d'ignorant.

© André Rotella.




La partie du revers.

Pendant que le peuple protége sa couleur
Sur l'universel damier où des farces s’ourdissent, 
L’impératrice, que la mise du combat attise, 
Se précipite à pas d’éléphant vers un Dominique détrousseur.

L'effronté vaincu en deux coups destructeurs, 
La combattante contrecarre la ruse méprisable
D'un hardi controuvé qui déclame implacable 
Une allure abusive aux tournants trompeurs.

Les surveillants noirs, pressentant l'approche d'un drame, 
Se pressent en rangs serrés vers le supérieur que madame
Encourage à refouler l'attaque de l'opprimé

Qui s’offusque des termes prononcés.

Quand le chef orgueilleusement annonce
L’exclusion de son rival médusé d’effroi. 
Les saints se rapprochent du nonce

Celui qui définit les droits. 


© André Rotella.





La petite aiguille d’une pendule.

Sur la grande pendule municipale, 
Enveloppée d’une gigantesque mélancolie, 
La petite aiguille poursuit
Sa coéquipière qui détale.

La conformité de circonvolution
De ses pas déroule la noirceur
En fagot de tristesse détrousseurs
Par l’aube aux clartés pleines de passion.

Elle va doucement mais sûrement 
Vers le petit matin lactescent
Le soleil lui n’a qu’une loi.

Il prive d’aiguail l’herbe qui boit.

Pressée par le cristal de roche qui concentre
Sa marche en foulées identiques
Elle prie que le temps centre

A jamais cette épopée mythique.

© André Rotella





La royaliste rêve.

Elle rêve d’éléphants géants et d’un peuple négrille,
De ministres puissants, des jeunes encadrés
De parler l’anglais, dés la maternité ,
Les hommes comptent pour des billes .

Elle rêve de gouverner en maniant facilement la trique

Des sujets dociles dans un océan sans marées

Un dieu comme hier et sa force armée

Pour mener l’Etat de manière drastique.

Elle rêve de dominer le pouvoir doré à l’or fin, 
Les limites rétablies et l’obligation d’obéir

Elle rêve de droit éternel, de délicieux délires, 
D’argent abondant de plaisirs sans lendemain.

Ses rêves sont là mais la réalisation est rien
Elle le décline toutes ses manifestations

Royaliste point de liberté sans liens

Elle invente un monde plein d’obligations.

© André Rotella.





Le Kasher des banlieues.

REFRAIN

On l’appelait l’homme au karcher

Il est un sans couilles et peureux

Comme le capon de Bel Abbés

Lui le Rambo trois des banlieues

Un dur à cuire à l’eau de mer

Il n’a pas l’étoffe d’un aventurier.


C’est le fils d’un émigré casher

Qui veut nettoyer les banlieues

Nettoyer les gueux sans état d’âme

Pourquoi Karcher et pas lance flamme

Lui qui vient des beaux quartiers

La que fait ripaille la canaille

Lui fils d’un ancien débauché

A traité les malheureux de racaille

De beurs et de déchets pourris

Ce n’est pas beau envers les plus démunis

Il se voulait un parcours sans faille

L’homme au Karcher honteux

Sur la racaille a trébuché

Il devra laisser sa place au bordelais.


On l’appelait l’homme au karcher

Le Rambo trois des banlieues

Le nain a trahis ses propres frères

Les émigrés ces pauvres gueux

Lui la racaille devenue canaille

A la même odeur qu eux

Ces aïeux étaient dé gueux

Il servait les tyrans d’un autre temps

Tandis que les harkis et les noirs

Servait la France leur seconde Patrie

Rendons- l’honneur en leur disant merci.

On l’appelle l’homme au Karcher

Hier il fanfaronnait comme Dieu le père

Il voulait mettre aux pas les pauvres chiens

Comme Israël les palestiniens

Mais c’était sans compter sur la racaille

Qui n’a pas eu peur de cette canaille.

Il va bientôt morde la poussière

Lui qui rêvait de sommet

La racaille dans son ascension va le stopper

Et elle va le renvoyer à la solitude du barreau

Comme un légionnaire vaincu

Un trouillard plein de déshonneur et nu.


L’homme au Karcher sera désavoué

L’amour des gueux ne sent pas le fardeau

Il compte pour rien sa peine elle est cadeau

L’amour de la canaille s’enflamme

Il n’a plus peur des flammes

Elle n’a plus peur du Rambo déshonoré

Celui qui s’est pris pour Kadar, Nagy et Bali réunis

Pour le Rambo des banlieues s’est fini

Pour le roi du Karcher c’est terminé

Pas de pitié pour la canaille

C’est Versailles qui s’écroule

Il n’a pas su traiter la racaille

On sent qu’il a vraiment les boules

Il va connaître un revers

Le jardin des tuileries sera son Robert.


On l’appelle le roi du Karcher

Le Rambo des banlieues

Mais le nain paie très cher

D’avoir quitté le rail

En traitant la misère de racaille

Pour le nain c’est fini

L’Elysée c’est trop haut

Il n’y a plus de place rue Beauvau

Il va mordre la poussière

C’est la fin des espoirs du Karcher

Adieu toi le fils du légionnaire.

© André Rotella




Les nuits courtes de l’été.

L'été, lorsque le crépuscule s’affaisse sur la terre

Le jour parfume la nuit entière de son champ florifère.
La terre au loin distille son parfum grisant 
Les yeux clos, l’ouï dans un silence étonnant, 
On sommeille plus qu’on ne dort vraiment.
La Lune est pure et son ombre meilleure 
Un demi-jour indéfini peint la voûte céleste

Le dôme éternel ne veut pas être en reste.
Et l'aurore blême, en attendant son heure, 
Erre toute la nuit au pied du ciel.
Quand à la rose de l’été elle est la plus belle 
Roses de juin, n’a pas sa pareille. 
Avec ses boutons de soleil baignés ; 
Roses aux couleurs emportées ou tranquilles 
Qu'un vol léger sur les branches pose le volatile ; 
Roses de l’été odorante et fragiles.
Nez qui vous hume tout à coup s'émeut
Ou s’adouci, gré du vent,
Frôlement dans le jardin changeant ;
Boutons de délire muet et de résolution douce,
Fleurs de volupté dans vos superbes housses,
Vous êtes celles qui passent l’été
A s'adorer, dans la nitescence. 
Roses rouges, fraîches, et colorées
Nous aimerions aller jusqu’à l’indécence

Chercher nos attraits ou désirs diversifiés, 
Même s’il faut peiner dans le frisson du plaisir
Avant de mourir l’être cherche le grand délire.

© André Rotella



L’orange de l’univers.

Le rond universel orangé surgit
De derrière les monts neigeux.
C’est ainsi que revit la vie
Pour les peuples heureux et malheureux.

Le firmament est rosâtre saumon
Pastels et cuivre les tons
Ils Bariolent le bel azur bleu
Pour les peuples heureux et malheureux.

Le rond doucement ambre
En ce début d’après-midi de septembre
Il rayonne de mille feux
Pour les peuples heureux et malheureux.

L’océan céleste savoureuse glace aimée
Rattrape le rond ambré
Le temps est tranquille et lumineux

Pour les peuples heureux et malheureux.

Le palet du ciel sur l'étendue descend
Les oiseaux gazouillent au firmament
Le jour se dissipe heureux
Pour les peuples heureux et malheureux.

Des fritures colorées
Planent sur la mousse irisée
L’océan est d’un blanc laiteux
Pour les peuples heureux et malheureux.

Le disque à nouveau colore
Le ciel brusquement se dore
Dernier regard sur l’océan des cieux
Pour les peuples heureux et malheureux.

Tout se fond, se confond
L’océan la voûte et les monts
C’est la fin du jour radieux

Pour les peuples heureux et malheureux.

L’ellipse vermeille s’est submergée
Dans l'eau d’un océan argenté
Tout est vide et secret des lieux
Pour les peuples heureux et malheureux.

© André Rotella





Mon enfance


Maisonnais expose ses forêts,
Entre deux moulins coule sa rivière,
À tous les vents, sous les respects,
Elle semble murmurer une prière.

Je me suis allongé sous les sapins,
Le regard tourné vers les étoiles,
Je réfléchi à mon destin
Le seigneur garde le voile.

Son clocher en guise de sexisme,
Il étale sa virilité sans isthme
Il demande aux anges en liberté
Des doux baisers et des amitiés.

Le ventre est plein de bon manger,
Le verre est vide point de reste
Le soleil chaud l’invite à rêver
Sous la frondaison il fait une bonne sieste.

 
C'est dans ce coin du limousin
Que j'ai lancé mes premiers cris,
Mes premières larmes, premiers désirs aussi
Premières envies de droit divin.

C'est dans cette école sans bitume
Que j'ai joué des jours plein d’amertume
De n’avoir pu la fréquenter plus de temps,
Sourire aussi aux gais printemps.
C'est dans la cour de cette école
Là que j’agaçais aussi les filles,Et joué aux billes,
Le soir des glissades sur la rigole.

Calé sur un vieux banc,
J'ai taché mes doigts sur la plume
De l'encre noire du fiel de ma rancune
Et fait l’école buissonnière trop souvent.

Et c'est sur les petites rigoles
Dans les prés que je péchais
Souvent en pensant à cette école
Qu’hélas par la suite j’ai regrettée.

Je sais que personne n'entend
Les cris lancés au vent
Ceux que les oiseaux chantent pour soi
Les douleurs muettes sont restées chez moi.

© André Rotella.




Ondée agréable en Bordelais


En cloche d’allégresse, des larmes claires
Versent sur la terre un rideau de froid,
Des gemmes tremblants qui cajolent les grains verts
Avant de s'enfuir en gentils émois.

Une douce symphonie se joue dans le récipient
Qui boit voracement les bulles d’amabilité
Proposées par le ciel pour nettoyer notre sentiment
Et déloger de nos yeux des images accablées.

Une odeur aérienne parfume l’origine,
Les ceps plastronnent, affichent leurs grains rouges,
Le vignoble promet une récolte divine
Nous sommes dans un monde qui bouge.

Le chuchotement doux de l’ondée alangui,
Point de grêle le sol s’endort, assouvi et satisfait,
La cité s'endort, l’œuvre est accomplie
La vigne du bordelais promet une bonne cuvée.


© André Rotella.




Pourquoi attendre !

Tu me dis, plus de délai... 
Je prie plus tard pour un grand moment 
Nous aurons tous les deux des cheveux gris
Et les sillons plein la figure sont faits 
En fin dune sinécure la vie 

Or ce sera vraiment trop tard évidement.
Mes yeux auront assombris 
Et ne verront plus que le gris 
Ils ont vécu les dégoûts.

Ceux que la mort donne aux plus moûts.

Mon corps est déjà meurtri 
Par je ne sais quelle maladie
Il est comme une rose flétrie
Il attend que vienne la nuit.

Plus tard... dans un grand moment
J'ai de te revoir envie
Avant que ne tombe la nuit
Pourquoi attendre si longtemps.


Je crois encore être assez beau
Pour te donner l’envie du désir,
Pourquoi attendre la nuit ce plaisir
Quand on peut croquer par temps chaud.


© André Rotella.



Promenade citadine.
De parvis animé en avenue impassible,
Le promeneur isolé parcoure la ville
Où l’astre du soir anime une joie plausible
À la chorégraphie continuelle des filles faciles.

Touriste sans équipage, il sillonne la cité
A la fortune des secteurs dont les murs tag gés
De devise en la gloire d'une dur autonomie
Avive en son sein un trouble d’envie.

Malgré cela l’obscurité s’affaire d'emmener
Les humains vers leur logis affectueux de jouissance,
Il parcoure les ruelles sous la sélénite en surveillance.

Dans la source riante d'une paire de flics,
Il continue son aventure, avant de s'immobiliser
Sur un siège où le reçoit un mendiant plein d’éthique.

© André Rotella




Roule, roule

Roule, roule
Toi la petite complainte des pierres

Fatiguée par mille douleurs
Et les milliers de secrets des rivières
Depuis des millénaires d’heures.

Roule
Pour la paix de l’astre du jour

Soleil comme civelle
Se mettent à l’ombre des cailloux.

Roule

J’aime l’ombre des vergnes rebelles
Quant ma barque va seule au fil de l’eau

Ma tête est penchée au-dessus de l’onde

Offre le reflet des plumes de mon chapeau.

Quand la rivière roule

C’est le temps qui sonde

Elle suit inlassablement son cours.

Ton visage est gravé sur mes paupières
Ta cheveux tombent sur mes yeux
Tu es ma belle poupée altière

Ma main trouve tes crins soyeux

Tu es absorbée par mon contour
Telle un nuage blanc plongeant à son tour.
Tu as toujours eu un regard de feu

Je ne récupère pas quand je veux


Mes songes sont pleins de limpidité

Tu es mon ange ma fierté

Tu sais faire se dissiper les astres

Qui me font rire, pleurer quel désastre


Laisse couler cette eau si pure

J’ai toujours aimé ce qui dure
Parler pour ne pas quoi savoir dire

Pourtant toi fréquemment je te désire.

Depuis des millénaires d’heures.

Roule

Offre le reflet des plumes de mon chapeau

Pour la paix de l’astre du jour
Soleil comme civelle

Se mettent à l’ombre des cailloux.

Roule

eau.

Quand la rivière roule

C’est le temps qui sonde

Elle suit inlassablement son cours.

Ton visage est gravé sur mes paupières
Ta cheveux tombent sur mes yeux
Tu es ma belle poupée altière

Ma main trouve tes crins soyeux


Tu es absorbée par mon contour
Telle un nuage blanc plongeant à son tour.
Tu as toujours eu un regard de feu

Je ne récupère pas quand je veux


Mes songes sont pleins de limpidité

Tu es mon ange ma fierté

Tu sais faire se dissiper les astres
Qui me font rire, pleurer quel désastre


Laisse couler cette eau si pure

J’ai toujours aimé ce qui dure
Parler pour ne pas quoi savoir dire

Pourtant toi fréquemment je te désire.

© André Rotella





Séraphin d’allégresse

Je suis le séraphin de l’allégresse venu submerger tes craintes
Dans l'impertinent ruisseau de sa tendre étreinte 
Avant de te guider au peuple de l'origine,
Où né le désir qui tiédi les sentiments en ligne.



Je suis l'allié sûr aux bras plein de fleurs
Habilement regroupées en gerbe de désir, 
Dont le capiteux parfum apaise les martyrs
Des esprits que dévore une indifférente frayeur.



Je suis la clé qui casse le calme
Par son chant excitant dont les notes enflamment 
En concert doux aux accents de félicité
Que s'offre les instants de paix.



Je suis l'astre fixe plein d’éclat 
Celui qui brûle l’obscurité débauchée
Le rêve de tes génies arriérés
L’ombre d’un univers las.

© André Rotella.





Sommation criminelle.

Au chevet de ma femme alitée
Par le méfait d’un administrateur zélé
Couvert d’ordre et de commandements
Je verse ma colère vigoureusement.

Devant sa forte fièvre, je prêche
À réparer nos illusions brisées
En déformant le cou de l'officier
Surgit pour briser notre serrure toute fraîche.

J’étourdirais le syndic
Cet homme inique.
Obstiné à nous rançonner, 
Que le diable le mène en abîme brûler

Je cognerai sur les flics, 
Dont je discerne les hurlements typiques.
Je ferais rendre gorge 

Là que l’argent regorge.

© André Rotella




Trop légère


Dans l'accès d'une fontaine
Sur la porte atrabilaire
Ta figure effraye la route 
Sur le filtre qui passe
L’existence est liée
Au déplacement de tes mains
Tiédeur de l'été
A l'aube
D'un levé du jour allégorique
Aux flanc de l’aiguail
Le timbre d'une cri
Qui te contrefait
Des enchanteresse refont
La route du manoir
Au centre du verger
Tu accrois les passe-partout
Un vieux rouvre t’accueille
Tu me demandes
D'avancer
Douceur dégagée.

© André Rotella.